FUNAMBULES 2 — Thomas Enhco & Vassilena Serafimova, l’art du vertige, balanceren op de rand van de duizeling

by Carlo Schreiber
La Salle du Palais de l’Europe affiche complet. Le public mentonnais, qui avait déjà été conquis par Thomas Enhco et Vassilena Serafimova avec Bach Mirrors en 2022, est venu retrouver ces deux musiciens hors normes, capables de faire dialoguer les univers les plus éloignés avec une étonnante évidence.
Après avoir parcouru la planète en duo pendant plus de quinze ans, les deux artistes présentent  leur nouveau projet Funambules 2, une nouvelle création pour piano et marimba qui mêle musique classique, jazz, influences balkaniques et pop, dans un concert fait de transcriptions, d’improvisations et de compositions originales.
Deux funambules, donc. Deux musiciens hybrides, nourris de cultures multiples, qui avancent sur une ligne de crête entre écriture et liberté, virtuosité et spontanéité, rigueur et invention.
Et le spectacle est à la hauteur de la promesse.
Deux instruments, un dialogue permanent
Dès les premières notes du Prélude n° 10 en mi mineur de Bach, le ton est donné. La partition du maître devient matière vivante : Thomas Enhco et Vassilena Serafimova s’en emparent, la transforment, la prolongent par l’improvisation.
Le piano et le marimba ne sont jamais simplement juxtaposés. Ils se répondent, se poursuivent, se complètent. Parfois le marimba semble prolonger le piano ; ailleurs, c’est le piano qui paraît se mettre au service des couleurs et des pulsations de la percussion.
Avec la Romance sans paroles de Mendelssohn, le lyrisme s’installe. La mélodie semble véritablement chanter, tandis que le marimba lui apporte une palette de timbres inattendue. Puis viennent les Larmes de Rachmaninov, où l’on retrouve le lyrisme sombre, la mélancolie et l’ampleur romantique du compositeur russe. La transcription révèle ici des couleurs presque orchestrales.
Mais c’est précisément là que Thomas Enhco montre toute sa singularité : il ne se contente pas de jouer la musique qu’il a devant lui. Il la fait sienne.
Thomas Enhco, musicien sans frontières
Thomas Enhco est de ces musiciens qui semblent pouvoir évoluer partout avec la même liberté.
Classique, jazz, improvisation, composition : les frontières entre les genres paraissent, chez lui, simplement ne pas exister.
Son parcours musical est profondément imprégné de Mozart. Il raconte avoir grandi avec sa musique, avoir entendu sa mère chanter ses airs d’opéra et son grand-père diriger ses symphonies et son Requiem. Au violon, son premier instrument, il a travaillé sonates, concertos et duos ; au piano, fantaisies, musique de chambre et concertos.
Et pourtant, curieusement, c’est à Bach, Brahms ou Schumann qu’il avait jusqu’alors davantage emprunté pour nourrir son improvisation jazz.
Cette capacité à faire dialoguer des mondes apparemment éloignés est précisément ce qui rend son jeu si passionnant.
Du vent aux Balkans
Avec Le vent se lève, composition originale de Thomas Enhco, le concert change encore de paysage. La pièce semble respirer, se déplacer, se transformer sous nos yeux. L’écriture et l’improvisation se mêlent dans une musique libre, évocatrice, presque cinématographique.
Puis Vassilena Serafimova nous entraîne vers ses racines bulgares.
Avec Kalimankou Denkou, chant traditionnel bulgare arrangé par Krassimir Kyurkchiyski, Vassilena Serafimova et Thomas Enhco, la musique gagne une nouvelle profondeur. L’héritage populaire se fond dans un langage contemporain, riche en harmonies et en couleurs.
Et lorsque retentit le Daïchovo Horo, danse traditionnelle bulgare aux rythmes asymétriques, le concert bascule franchement dans l’exaltation.
La pulsation devient hypnotique. Les rythmes irréguliers semblent défier les deux instrumentistes, qui se répondent avec une virtuosité jubilatoire. Le marimba devient percussion, le piano devient instrument rythmique autant que mélodique, et l’on comprend pleinement ce que signifie être « funambule ».
L’équilibre et le vertige
Ce qui frappe surtout dans ce concert, c’est la complicité entre les deux artistes.
Ils jouent ensemble depuis plus de quinze ans, et cela s’entend. Ils peuvent se suivre au millimètre, se surprendre, s’attendre ou au contraire se laisser emmener par l’inspiration du moment.
Rien ne semble figé.
C’est sans doute là que réside la magie de Funambules 2 : dans cette impression que la musique est en train de naître sous nos yeux.
Thomas Enhco possède cette qualité rare des grands improvisateurs : une connaissance si profonde de la musique qu’elle lui permet de s’en affranchir sans jamais la trahir. Chez lui, l’improvisation n’est pas un effet ajouté à la partition ; elle devient une autre manière de la comprendre et de la faire vivre.
Et Vassilena Serafimova lui répond avec une virtuosité spectaculaire, une énergie communicative et une extraordinaire richesse de timbres.
Une salle conquise
La Salle du Palais de l’Europe est comble. Le public se laisse emporter par ce voyage musical qui passe de Bach à Mendelssohn, de Rachmaninov aux compositions de Thomas Enhco, puis du folklore bulgare au jazz et à l’improvisation.
Un voyage sans frontières, sans étiquettes et sans autre règle que celle de l’écoute et du partage.
Après Bach Mirrors, le duo confirme une nouvelle fois la justesse de son nom : Funambules.
Car il faut beaucoup de maîtrise pour marcher ainsi sur le fil, entre musique écrite et improvisation, entre tradition et modernité, entre classique et jazz.
Thomas Enhco et Vassilena Serafimova ne choisissent pas entre ces mondes.
Ils les font dialoguer.
Et, une fois encore, ils nous donnent le vertige.

De Salle du Palais de l’Europe is volledig uitverkocht. Het publiek van Menton, dat in 2022 al was veroverd door Thomas Enhco en Vassilena Serafimova met Bach Mirrors, is opnieuw gekomen voor deze twee uitzonderlijke musici, die de meest uiteenlopende muzikale werelden op een verbluffend vanzelfsprekende manier met elkaar weten te verbinden.

Na meer dan vijftien jaar samen de wereld te hebben rondgereisd, presenteren de twee artiesten hun nieuwe project Funambules 2, een nieuwe creatie voor piano en marimba waarin klassieke muziek, jazz, Balkaninvloeden en pop samenkomen. Het concert bestaat uit transcripties, improvisaties en originele composities.

Twee koorddansers dus. Twee hybride musici, gevoed door uiteenlopende culturen, die zich bewegen op een koord tussen compositie en vrijheid, virtuositeit en spontaniteit, discipline en inventiviteit.

En de voorstelling maakt de belofte volledig waar.

Twee instrumenten, één voortdurende dialoog

Vanaf de eerste noten van Bachs Prelude nr. 10 in e klein is de toon gezet. De partituur van de meester wordt levend materiaal: Thomas Enhco en Vassilena Serafimova nemen haar in handen, transformeren haar en trekken haar verder door middel van improvisatie.

Piano en marimba worden nooit simpelweg naast elkaar geplaatst. Ze antwoorden elkaar, achtervolgen elkaar en vullen elkaar aan. Soms lijkt de marimba de piano voort te zetten; elders lijkt juist de piano zich ten dienste te stellen van de klankkleuren en pulsaties van het slagwerk.

Met Mendelssohns Romance sans paroles doet de lyriek haar intrede. De melodie lijkt werkelijk te zingen, terwijl de marimba er een onverwacht palet aan klankkleuren aan toevoegt. Daarna volgen de Tranen van Rachmaninov, waarin we opnieuw de donkere lyriek, melancholie en romantische grandeur van de Russische componist herkennen. De transcriptie onthult hier bijna orkestrale klankkleuren.

Maar juist hier laat Thomas Enhco zien wat hem zo bijzonder maakt: hij beperkt zich er niet toe de muziek te spelen die voor hem ligt.

Hij maakt haar tot zijn eigen muziek.

Thomas Enhco, een musicus zonder grenzen

Thomas Enhco behoort tot het soort musici dat zich overal met dezelfde vrijheid lijkt te kunnen bewegen.

Klassiek, jazz, improvisatie, compositie: bij hem lijken de grenzen tussen de verschillende genres eenvoudigweg niet te bestaan.

Zijn muzikale ontwikkeling is diep doordrongen van Mozart. Hij vertelt dat hij met diens muziek is opgegroeid, dat hij zijn moeder diens opera-aria’s hoorde zingen en zijn grootvader diens symfonieën en Requiem zag dirigeren. Op de viool, zijn eerste instrument, bestudeerde hij sonates, concerten en duo’s; op de piano fantasiestukken, kamermuziek en concerten.

En toch greep hij tot nu toe opvallend vaak terug op Bach, Brahms en Schumann om zijn jazzimprovisaties te voeden.

Juist dat vermogen om ogenschijnlijk ver van elkaar verwijderde werelden met elkaar te laten communiceren, maakt zijn spel zo fascinerend.

Van de wind naar de Balkan

Met Le vent se lève, een originele compositie van Thomas Enhco, verandert het concert opnieuw van landschap. Het stuk lijkt te ademen, zich te verplaatsen en voor onze ogen van gedaante te veranderen. Compositie en improvisatie vloeien samen in een vrije, evocatieve, bijna filmische muziek.

Vervolgens neemt Vassilena Serafimova ons mee naar haar Bulgaarse wortels.

Met Kalimankou Denkou, een traditioneel Bulgaars lied in een bewerking van Krassimir Kyurkchiyski, Vassilena Serafimova en Thomas Enhco, krijgt de muziek een nieuwe diepgang. Het folkloristische erfgoed versmelt met een hedendaagse muzikale taal, rijk aan harmonieën en klankkleuren.

En wanneer de Daïchovo Horo klinkt, een traditionele Bulgaarse dans met asymmetrische ritmes, slaat het concert definitief om in pure vervoering.

De puls wordt hypnotiserend. De onregelmatige ritmes lijken de twee instrumentalisten uit te dagen, die elkaar met uitbundige virtuositeit antwoorden. De marimba wordt slagwerk, de piano wordt zowel een ritmisch als melodisch instrument, en opeens begrijpen we ten volle wat het betekent om een ‘koorddanser’ te zijn.

Balans en duizeling

Wat vooral opvalt tijdens dit concert, is de verbondenheid tussen de twee artiesten.

Ze spelen al meer dan vijftien jaar samen, en dat is hoorbaar. Ze kunnen elkaar tot op de millimeter volgen, elkaar verrassen, elkaar aanvoelen — of zich juist volledig laten meevoeren door de inspiratie van het moment.

Niets lijkt vast te liggen.

Daar ligt ongetwijfeld de magie van Funambules 2: in het gevoel dat de muziek zich voor onze ogen aan het ontvouwen is.

Thomas Enhco bezit die zeldzame kwaliteit van grote improvisatoren: een zo diepgaande kennis van muziek dat hij zich ervan kan losmaken zonder haar ooit te verraden. Bij hem is improvisatie geen effect dat aan een partituur wordt toegevoegd; het wordt een andere manier om die muziek te begrijpen en tot leven te brengen.

Vassilena Serafimova antwoordt daarop met spectaculaire virtuositeit, een aanstekelijke energie en een buitengewone rijkdom aan klankkleuren.

Een betoverde zaal

De Salle du Palais de l’Europe zit helemaal vol. Het publiek laat zich meevoeren op deze muzikale reis, die van Bach naar Mendelssohn voert, van Rachmaninov naar de composities van Thomas Enhco en vervolgens van de Bulgaarse folklore naar jazz en improvisatie.

Een reis zonder grenzen, zonder etiketten en zonder andere regel dan die van het luisteren en het delen.

Na Bach Mirrors bevestigt het duo opnieuw hoe treffend zijn naam is: Funambules.

Want er is veel beheersing voor nodig om zo over het koord te lopen: tussen gecomponeerde muziek en improvisatie, tussen traditie en moderniteit, tussen klassiek en jazz.

Thomas Enhco en Vassilena Serafimova kiezen niet tussen deze werelden.

Ze laten ze met elkaar in gesprek gaan.

En opnieuw laten ze ons duizelen.

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