Mozart triomphe à La Roque : la magie Queffélec-Dehaene

by Carlo Schreiber
© Crédit photo : Caroline Doutre
Trois jours d’immersion au Festival de La Roque d’Anthéron s’achèvent pour nous en apothéose mozartienne, portée par la grâce d’Anne Queffélec et la fougue de Gaspard Dehaene.
Un programme composé de quelques-uns des chefs-d’œuvre les plus significatifs du compositeur génial. Au piano, la délicieuse Anne Queffélec et son fils Gaspard Dehaene, accompagnés par le Sinfonia Varsovia sous la direction du jeune chef estonien Henri Aavik.
Les 2 000 places de la tribune du Parc du Château de Florans sont vendues : il y a longtemps qu’un concert n’avait attiré autant de monde au Festival.
Mozart, le choix des œuvres — toutes plus belles les unes que les autres — et le charme d’Anne Queffélec expliquent ce succès éclatant.
L’Ouverture des Noces de Figaro lance la soirée. Dès les premières notes, on lit le bonheur sur les visages de l’auditoire.
Puis entre en scène Anne Queffélec : une silhouette frêle, délicate comme une porcelaine de Vienne. Elle s’installe au clavier… et la magie opère.
Le célèbre Concerto n°21, KV 467, contemporain des Noces de Figaro, appartient à la période lumineuse du compositeur. Favori du public, son Andante fut immortalisé par le film Elvira Madigan, et le final par Amadeus de Milos Forman. La présence d’Anne Queffélec à La Roque est devenue incontournable : son interprétation, d’une beauté et d’un naturel insurpassables, séduit par une sérénité quasi miraculeuse. Chaque phrase, chaque nuance est délicatement caressée, comme portée par l’intuition.
Le Sinfonia Varsovia fidèle du Festival depuis des décennies, affichait des visages nouveaux cette année. Mais dans Mozart, on aurait souhaité plus de légèreté, plus d’étincelles — du véritable champagne ! Henri Aavik, finaliste du Concours Svetlanov, dirige en dansant ; mais malgré son énergie et sa silhouette élancée, l’orchestre ne suit pas toujours.
La Symphonie n°40 — immensément populaire, la plus jouée de Mozart — impose ses thèmes tragiques et sa grâce mélancolique. Aavik tente d’en séduire l’esprit, mais la profondeur et la tension dramatique passent difficilement.
Enfin, le Concerto pour deux pianos, initialement destiné à être joué entre frère et sœur, trouve une résonance intime et bouleversante dans l’alliance d’Anne Queffélec et de son fils Gaspard Dehaene. Leur complicité, fusionnelle, unit deux générations de grands pianistes.
En bis, un moment suspendu : l’Actus Tragicus (Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit, Cantate BWV 106 de J.S. Bach). Instants de pure grâce, comme un adieu divin au Festival.

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