L’OPMC célèbre la musique américaine : un concert haut en couleur – De OPMC viert de Amerikaanse muziek: een kleurrijk concert

by Carlo Schreiber
Image/Foto:@Direction de la Communication Ed Wright.
L’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo consacre son concert du 25 octobre 2026 à trois figures majeures de la musique américaine du XXe siècle. Sous la direction de Lio Kuokman, la soirée débute avec l’ouverture de Candide, de Leonard Bernstein (1918-1990).
Une ouverture formidable, riche en mélodies entraînantes : l’une des plus joyeuses qui soient !
Lio Kuokman, qui avait dirigé le concert avec Fazıl Say en février dernier, retrouve les musiciens de l’OPMC au grand complet et nous offre une interprétation empreinte d’humour, dansante et facétieuse, tout en faisant preuve, là où il le faut, d’une rigueur et d’un sérieux absolus.
La mise en place rythmique est d’une grande précision. Une multitude de détails sont mis en lumière, tandis que des phrasés inédits se révèlent tout à fait convaincants.
Randall Goosby, un violon plein de sensibilité
Le jeune violoniste afro-américain Randall Goosby rejoint ensuite l’orchestre pour interpréter le Concerto pour violon, op. 14, de Samuel Barber (1910-1981).
Ce concerto est considéré comme l’un des plus populaires parmi ceux composés par des compositeurs américains, tant auprès des solistes que du public. Cela tient sans doute à son caractère empreint d’un lyrisme romantique tardif et à sa grande richesse émotionnelle, qui permettent à Randall Goosby de régaler le public avec des mélodies généreuses, tout en faisant étalage de sa virtuosité.
Barber y confirme son attachement aux méthodes de composition traditionnelles. Le premier mouvement, un Allegro, suit une forme sonate rigoureuse et s’articule autour de deux thèmes mélodiques, le second se distinguant par ses rythmes syncopés.
Dans le deuxième mouvement, lent, le thème est d’abord exposé par le hautbois, puis repris par le violon. Plus lyrique encore que le premier, ce mouvement pourrait, à lui seul, passer pour un chef-d’œuvre du romantisme empreint de mélancolie.
Le troisième mouvement, un Presto in moto perpetuo, contraste avec les deux précédents. Le mouvement continu, ponctué d’accents vifs, insuffle une dynamique enlevée à cette pièce brève et incisive. Le tempo effréné exige une performance de haut vol, tant de la part du soliste que de l’orchestre.
Un final plein d’entrain clôt sur une note positive l’unique concerto pour violon de Barber.
Randall Goosby tire des sons magiques du superbe Stradivarius de 1708, prêté par la Samsung Foundation of Culture. Son interprétation est empreinte de sensibilité : toutes les facettes de l’atmosphère onirique de cette musique inspirée sont restituées avec générosité. Goosby ne cherche pas à impressionner, mais à exprimer.
Élève de Catherine Cho, membre du corps enseignant de la Juilliard School, et protégé d’Itzhak Perlman, Randall Goosby perpétue la tradition de l’école de violon de Juilliard, représentée par des artistes tels qu’Itzhak Perlman, Pinchas Zukerman, Kyung-Wha Chung, Gil Shaham et James Ehnes.
Son premier album chez Decca, intitulé Roots, célèbre la musique afro-américaine et en explore l’évolution, des negro spirituals aux compositions contemporaines. En collaboration avec le pianiste Zhu Wang, Goosby a conçu un album qui rend hommage aux artistes pionniers ayant ouvert la voie à sa génération, ainsi qu’à d’autres musiciens afro-américains.
Malgré son jeune âge, Goosby a à cœur d’inspirer les autres et de leur venir en aide par le biais de l’éducation, de l’engagement social et d’actions de sensibilisation. Il a collaboré avec des organisations à but non lucratif telles que l’Opportunity Music Project et Concerts in Motion, à New York. Il a également participé à des programmes d’engagement communautaire destinés aux écoles, aux hôpitaux et aux résidences médicalisées à travers les États-Unis.
Goosby travaille régulièrement avec l’Iris Collective, une organisation basée dans sa ville natale de Memphis, dans le Tennessee, qui contribue à renforcer le tissu social grâce à l’éducation musicale et à des projets créatifs.
À Monaco, le violoniste conquiert le public, qui l’acclame avec ardeur. En bis, il offre une œuvre du compositeur afro-américain Coleridge-Taylor Perkinson : Louisiana Blues Strut.
En un seul mouvement, sous forme de rondo, l’œuvre fusionne la virtuosité classique avec le blues et les traditions chorégraphiques afro-américaines. Perkinson articule habilement les structures harmoniques répétitives du blues avec des formes qui rappellent la chaconne et la passacaille baroques. Son allure chaloupée, son assurance rythmique et ses retours thématiques en font une pièce pour violon seul à la fois ludique et raffinée.
L’œuvre est dédiée au mentor de Goosby, Sanford Allen, devenu en 1962 le premier musicien afro-américain à intégrer, en tant que membre permanent, l’Orchestre philharmonique de New York, dont il restera membre jusqu’à sa démission en 1977.
Randall Goosby est une véritable fierté pour la communauté afro-américaine. En s’imposant comme soliste reconnu, il contribue à la visibilité et au rayonnement de toute une tradition musicale. Le public monégasque l’applaudit de plus belle. Visiblement surpris par cet accueil chaleureux, il offre un deuxième bis : un extrait de la Sonate pour violon en do majeur de Bach.
Un moment suspendu.
Aaron Copland, l’esprit du grand Ouest américain
Après l’entracte, Lio Kuokman illustre avec brio les sonorités aux accents de Far West des célèbres Danses tirées du ballet Rodeo, composé par Aaron Copland (1900-1990).
Né dans une famille juive d’émigrés venus de Lituanie, Aaron Copland est considéré comme l’un des pères de la musique américaine. Son père, Harris Kaplan, avait émigré alors qu’il était adolescent et avait anglicisé son nom.
Copland est l’un des premiers compositeurs à avoir donné à la musique du Nouveau Monde une identité propre et une notoriété internationale. La beauté sauvage et époustouflante de ce pays et de ses habitants transparaît dans sa musique : une musique à la fois puissante et subtile, empreinte d’une tendresse et d’une délicatesse bouleversantes.
Kuokman donne à la partition tout le punch nécessaire.
Bernstein : un feu d’artifice orchestral
Le concert s’achève avec les célèbres Danses symphoniques tirées de West Side Story, de Leonard Bernstein.
Quel génie, ce Bernstein ! Ces danses symphoniques révèlent toute la complexité et la beauté de cette œuvre. Privés des voix, nous prenons pleinement conscience de ses richesses harmoniques, de ses inventions musicales et de ses finesses orchestrales. Tout un univers !
L’interprétation est rythmée et magnifique. Ce chef-d’œuvre, aux accents jazzy mais parfaitement structuré, permet à chaque instrument de déployer des sonorités aux couleurs riches et à l’articulation soignée.
Lio Kuokman dirige l’OPMC au grand complet et en très grande forme, avec une énergie fulgurante. Il joue sur des tempos variés et maîtrise parfaitement les contrastes dynamiques. On apprécie tout particulièrement les cuivres et le saxophone, venu rejoindre l’orchestre.
Un véritable feu d’artifice qui achève le concert en triomphe !
Un chef d’orchestre chinois, un soliste afro-américain, des compositeurs américains, dont deux d’origine juive et russe : la musique ne connaît pas de frontières !

De OPMC viert de Amerikaanse muziek: een kleurrijk concert

Het Philharmonisch Orkest van Monte-Carlo wijdt zijn concert van 25 oktober 2026 aan drie grote figuren uit de Amerikaanse muziek van de twintigste eeuw. Onder leiding van Lio Kuokman opent de avond met de ouverture uit Candide van Leonard Bernstein (1918-1990).

Een fantastische ouverture, rijk aan meeslepende melodieën: een van de vrolijkste die er bestaan!

Lio Kuokman, die afgelopen februari het concert met Fazıl Say dirigeerde, staat opnieuw voor het voltallige orkest van de OPMC. Hij brengt ons een uitvoering vol humor, speelsheid en ondeugende lichtvoetigheid, zonder daarbij de absolute precisie en ernst uit het oog te verliezen waar dat nodig is.

De ritmische opbouw is uiterst nauwkeurig. Talrijke details komen prachtig naar voren en ook nieuwe, verrassende fraseringen blijken bijzonder overtuigend.

Randall Goosby, een violist vol gevoel

Vervolgens voegt de jonge Afro-Amerikaanse violist Randall Goosby zich bij het orkest voor de uitvoering van het Vioolconcert, op. 14 van Samuel Barber (1910-1981).

Dit concert geldt als een van de populairste vioolconcerten van Amerikaanse componisten, zowel bij solisten als bij het publiek. Dat heeft ongetwijfeld te maken met het laatromantische lyrische karakter en de grote emotionele rijkdom ervan. Hierdoor kan Randall Goosby het publiek verwennen met weelderige melodieën, terwijl hij tegelijkertijd zijn virtuositeit ten volle tentoonspreidt.

Barber bevestigt met dit werk zijn gehechtheid aan traditionele compositietechnieken. Het eerste deel, een Allegro, volgt een strenge sonatevorm en is opgebouwd rond twee melodische thema’s. Het tweede thema onderscheidt zich door zijn gesyncopeerde ritmes.

In het langzame tweede deel wordt het thema eerst door de hobo voorgesteld en vervolgens door de viool overgenomen. Dit deel is nog lyrischer dan het eerste en zou op zichzelf al kunnen doorgaan voor een meesterwerk van de melancholische romantiek.

Het derde deel, een Presto in moto perpetuo, vormt een contrast met de twee voorgaande delen. De ononderbroken beweging, doorspekt met krachtige accenten, geeft dit korte en puntige deel een meeslepende dynamiek. Het razendsnelle tempo vereist een uitzonderlijke prestatie, zowel van de solist als van het orkest.

Een levendige finale sluit Barbers enige vioolconcert op een positieve noot af.

Randall Goosby ontlokt magische klanken aan de prachtige Stradivarius uit 1708, die hem ter beschikking is gesteld door de Samsung Foundation of Culture. Zijn interpretatie getuigt van grote gevoeligheid: hij brengt alle facetten van de dromerige sfeer van deze geïnspireerde muziek op een rijke en expressieve manier tot leven. Goosby wil niet imponeren, maar uitdrukken.

Als leerling van Catherine Cho, docente aan de Juilliard School, en protegé van Itzhak Perlman zet Randall Goosby de traditie van de vioolschool van Juilliard voort. Tot die traditie behoren artiesten als Itzhak Perlman, Pinchas Zukerman, Kyung-Wha Chung, Gil Shaham en James Ehnes.

Zijn eerste album bij Decca, getiteld Roots, viert de Afro-Amerikaanse muziek en onderzoekt hoe deze zich heeft ontwikkeld, van negrospirituals tot hedendaagse composities. Samen met pianist Zhu Wang stelde Goosby een album samen dat een eerbetoon brengt aan de pioniers die de weg hebben vrijgemaakt voor zijn generatie, evenals aan andere Afro-Amerikaanse musici.

Ondanks zijn jonge leeftijd vindt Goosby het belangrijk om anderen te inspireren en te ondersteunen via onderwijs, maatschappelijke betrokkenheid en bewustmakingsinitiatieven. Hij werkte samen met non-profitorganisaties zoals het Opportunity Music Project en Concerts in Motion in New York. Daarnaast nam hij deel aan programma’s voor maatschappelijke betrokkenheid in scholen, ziekenhuizen en woonzorgcentra in de Verenigde Staten.

Goosby werkt regelmatig samen met het Iris Collective, een organisatie uit zijn geboortestad Memphis in Tennessee. Deze organisatie wil de sociale samenhang versterken door middel van muziekonderwijs en creatieve projecten.

In Monaco verovert de violist het publiek, dat hem uitbundig toejuicht. Als toegift brengt hij Louisiana Blues Strut van de Afro-Amerikaanse componist Coleridge-Taylor Perkinson.

Dit werk bestaat uit één deel in de vorm van een rondo en combineert klassieke virtuositeit met de blues en Afro-Amerikaanse danstradities. Perkinson verweeft op vakkundige wijze de repetitieve harmonische structuren van de blues met vormen die doen denken aan de barokke chaconne en passacaglia. Het werk heeft een soepel, swingend karakter, een zelfverzekerde ritmiek en terugkerende thema’s. Zo ontstaat een stuk voor viool solo dat zowel speels als verfijnd is.

Het werk is opgedragen aan Goosby’s mentor, Sanford Allen. In 1962 werd Allen het eerste Afro-Amerikaanse orkestlid dat als vaste musicus toetrad tot het New York Philharmonic Orchestra. Hij bleef er spelen tot hij in 1977 ontslag nam.

Randall Goosby is een ware bron van trots voor de Afro-Amerikaanse gemeenschap. Door zich te profileren als een gerenommeerd solist draagt hij bij aan de zichtbaarheid en uitstraling van een hele muzikale traditie. Het Monegaskische publiek applaudisseert nog enthousiaster. Zichtbaar verrast door deze warme ontvangst brengt hij een tweede toegift: een fragment uit Bachs Sonate voor viool in C majeur.

Een moment waarop de tijd lijkt stil te staan.

Aaron Copland, de geest van het Amerikaanse Wilde Westen

Na de pauze laat Lio Kuokman op schitterende wijze de klanken van het Wilde Westen tot leven komen in de beroemde Dansen uit het ballet Rodeo van Aaron Copland (1900-1990).

Aaron Copland werd geboren in een Joods gezin dat afkomstig was uit Litouwen en wordt beschouwd als een van de grondleggers van de Amerikaanse muziek. Zijn vader, Harris Kaplan, was als tiener naar de Verenigde Staten geëmigreerd en had zijn naam verengelst.

Copland was een van de eerste componisten die de muziek van de Nieuwe Wereld een eigen identiteit en internationale bekendheid wist te geven. De overweldigende, ongerepte schoonheid van het land en zijn inwoners klinkt door in zijn muziek: krachtige maar tegelijk subtiele composities, doordrongen van een ontroerende tederheid en fijngevoeligheid.

Kuokman geeft de partituur alle nodige energie en schwung.

Bernstein: een orkestrale vuurwerkshow

Het concert eindigt met de beroemde Symphonic Dances uit West Side Story van Leonard Bernstein.

Wat een genie, die Bernstein! Deze symfonische dansen onthullen de volledige complexiteit en schoonheid van het werk. Doordat de zangstemmen ontbreken, worden we ons des te sterker bewust van de harmonische rijkdom, de muzikale inventiviteit en de verfijnde orkestratie. Een complete wereld op zich!

De uitvoering is ritmisch meeslepend en schitterend. Dit meesterwerk, met zijn jazzy accenten maar tegelijk perfect gestructureerde opbouw, geeft elk instrument de ruimte om zijn klankrijkdom en verfijnde articulatie ten volle te laten horen.

Lio Kuokman dirigeert het voltallige orkest van de OPMC, dat in topvorm verkeert, met een overweldigende energie. Hij speelt met uiteenlopende tempi en beheerst de dynamische contrasten tot in de perfectie. Vooral de koperblazers en de saxofoon, die zich bij het orkest heeft gevoegd, verdienen bijzondere waardering.

Een waar muzikaal vuurwerk dat het concert in triomf afsluit!

Een Chinese dirigent, een Afro-Amerikaanse solist en Amerikaanse componisten, van wie er twee van Joods-Russische afkomst zijn: muziek kent geen grenzen!

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